dimanche 28 décembre 2008

Le choléra et l'eau

Le bilan macabre de plus de 1000 morts au Zimbabwe en quelques mois, rappelle le danger que représente le choléra, et le lien de cette épidémie à un traitement déficient de l'eau.

Le choléra est une infection intestinale aiguë causée par une bactérie appelée « Vibrio cholerae ». Ce « Vibrio cholerae » se transmet de façon directe par voie fécale, orale ou par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés. La variante la plus dangereuse de la maladie se manifeste par l’apparition soudaine d’une diarrhée aqueuse et aiguë qui provoque une déshydratation sévère. Ces effets peuvent se compliquer en une insuffisance rénale mortelle. Le choléra a une période d’incubation très courte, qui varie de deux à cinq jours avec un grand risque d’évolution épidémique. Il faut dire que la majorité des personnes atteintes ne présente pas les symptômes de la maladie. Le germe pathogène se retrouve néanmoins dans les scelles, est évacué dans la nature ou il peut être contracté par d’autres personnes, en particulier en l'absence de système d'assainissement. Le choléra est particulièrement agressif et touche indifféremment adultes et enfants. Il peut même « foudroyer » un adulte en quelques heures. Les risques de décès sont plus élevés chez les individus « immunodépressifs » (système immunitaire défaillant pour diverses raisons ; mal nutrition, sida, etc…)

La cause principale de contraction du choléra se trouve dans l'eau et les aliments contaminés. L’eau souillée, un système d’assainissement défectueux, la promiscuité dans des zones ou les conditions élémentaires de salubrité non remplies sont autant d'éléments potentialisant la diffusion de l'épidémie. L’opinion selon laquelle les épidémies de choléra seraient dues à des dépouilles de malades n’est pas exacte. Il est par contre établi que les conséquences des catastrophes naturelles ou provoquées (perturbations dans l’approvisionnement, déplacements massifs de populations en direction de camps mal équipés et surpeuplés) augmentent les risques de transmission une fois l’agent pathogène présent sur les lieux.

La prévention du choléra consiste simplement à mettre de l’eau traitée et un système d’assainissement correct à la disposition des populations. Il est aussi important d’apprendre aux individus à se laver régulièrement les mains et à entretenir une bonne hygiène alimentaire.



vendredi 26 décembre 2008

Bilan du forum global sur l'eau de Paris

 Le 2 décembre, à Paris, s’est déroulé le Forum global sur l’eau de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), au cours duquel les participants ont appelé à intervenir davantage dans les domaines de l’eau et de l’assainissement dans les pays en développement, mais aussi dans les pays de l’OCDE. 
Le prince Willem-Alexandre des Pays-Bas - président du bureau de conseil des Nations unies sur l’eau et l’assainissement - a déclaré : « plus de 4.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour de diarrhées à cause de systèmes d’eau et d’assainissement défaillants et d’un manque d’hygiène. Offrir un accès à l’eau et à l’assainissement ne relève pas seulement d’un enjeu de santé publique, mais est également crucial pour réduire la pauvreté et protéger les écosystèmes. »
Angel Gurria - secrétaire général de l’OCDE - a souligné que l’eau et l’assainissement représentent également un problème croissant dans les pays de l’OCDE, des investissements étant notamment requis pour remplacer les infrastructures vieillissantes.

mardi 23 décembre 2008

Barack Obama lance la rénovation des infrastructures d'assainissement

Le 6 décembre 2008, Barack Obama a présenté son « nouveau new deal », le plan de relance qu'il demandera au Congrès de voter dès janvier, « le plus vaste ensemble de travaux publics d'infrastructure » sur fonds fédéraux qui prévoit notamment la réfection des réseaux d’adduction d’eau.
Parallèlement, le nouveau président semble s'intéresser de très prêt à la qualité du traitement de l'eau : The Washington Post donne un aperçu du travail à l'Agence pour la Protection de l'Environnement (EPA) de l’équipe de transition du président désigné Barack Obama. Elle se concentre sur des normes d’eau potable, réfléchissant sur la façon de réduire le nombre des expositions au perchlorate - un produit chimique découvert dans les eaux souterraines près des bases militaires.

samedi 20 décembre 2008

Une belle expo sur l'eau

Les Terrasses de Nanterre accueillent jusqu'au 4 janvier une très belle exposition de photos grand format pour comprendre les grands enjeux mondiaux de l’eau. Sécheresse, réchauffement climatique, pollution, urbanisation galopante, gaspillages… Au total, 40 clichés exposés à ciel ouvert pour un tour du monde sur l’eau, de la Mongolie avec les éleveurs de chèvres cachemire à l’Australie ou aux Etats-Unis frappés par la sécheresse, en passant par Kibera, le plus grand bidonville de l’Est africain.

jeudi 18 décembre 2008

L'eau et l'assainissement en Afrique australe

"L'eau et l'assainissement en Afrique Australe : approches novatrices pour mobiliser les ressources hydriques", est le thème d'une rencontre qui était organisée du 10 au 13 décembre à Lusaka (Zambie), à l'initiative de la Commission économique pour l'Afrique (CEA).
Cette réunion, à laquelle ont participé des experts en eau, des institutions publiques, des organismes sous-régionaux, les représentants du secteur privé et les institutions de la Communauté de développement d'Afrique Australe (SADC), examinait les moyens d'optimiser les modes de gestion de l'eau et d'intensifier les campagnes de sensibilisation à l'importance de cette denrée vitale, le but étant d'accélérer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en matière d'eau et des engagements de développement durable en Afrique Australe.

Cette rencontre, initiée notamment par la Banque africaine de développement (BAD), se voulait une opportunité d’échanger les points de vue sur le rôle stratégique du plan de gestion d'eau et d'assainissement (Wasat) dans la concrétisation des projets nationaux, sous-régionaux et régionaux, d’identifier les problèmes et les défis en vue de mettre en place une stratégie efficace pour une utilisation meilleure des ressources hydrauliques dans cette région, où les ressources en eau sont inégalement réparties, indique un communiqué de la CEA.

L'Afrique Australe est confrontée à des pénuries d'eau souterraine potentiellement graves, qui mettent en péril non seulement la vie de ceux qui en dépendent directement, mais aussi le développement continu des acteurs économiques de la région.

Les pays de cette région doivent faire face à des contraintes considérables qui freinent leur croissance économique future à cause notamment de l'insécurité de l'approvisionnement en eau. De plus, les ressources en eau souterraine constituent le fondement de l'approvisionnement rural en eau et représentent le moyen de subsistance pour les communautés pauvres.

Dans cette région, la gestion durable de l'eau se concentre actuellement sur les bassins fluviaux en tant qu'unité de gestion. Cette politique est confrontée à un autre défi à savoir la conversion pluie-débit. Cependant, l'Afrique Australe a naturellement un taux de conversion pluie-débit faible, ce qui affecte aussi bien les débits fluviaux d'eau de surface que la recharge des nappes souterraines. Sur toute l'eau de pluie tombée au sol au cours d'une année moyenne, seule une petite portion est convertie en eau coulant dans les fleuves.

mercredi 17 décembre 2008

Exposition Seine Parisienne au Pavillon de l'eau

Le Pavillon de l’eau accueille du 18 décembre 2008 au 4 juillet 2009 l’exposition « Seine Parisienne», qui retrace l’histoire de la Seine dans Paris et propose de découvrir ce fleuve à travers le regard de celles et ceux qui s'ouvrent au quotidien pour le préserver.
Sur trois niveaux, le visiteur pourra appréhender les différents aspects de la Seine, des origines de la Ville à nos jours. Toutes les fonctions du fleuve sont ainsi présentées : élément incontournable du paysage parisien, il alimente en eau potable près de 30 % de la Ville tout en étant à la fois lieu d’agrément, de transport, de navigation et de commerce, source d’inspiration pour de nombreux artistes et milieu de vie pour la faune et la flore. L’exposition revient également sur les progrès dans le traitement des eaux usées, sur la reconquête du milieu naturel, précise les paramètres qui font la qualité de la Seine, et explique comment le niveau du fleuve, après avoir connu des périodes de crues et des sécheresses, est désormais régulé.
Pilotée par Eau de Paris en partenariat avec l’Agence de l’eau Seine-Normandie, le SIAAP, la Parisienne de Photographie, les Grands Lacs de Seine, le Port Autonome de Paris, le Service de navigation de la Seine et Voies Navigables de France, « Seine Parisienne» propose de mieux comprendre le fleuve, à l’origine du blason et de la devise de Paris « Fluctuat nec mergitur ».

mardi 16 décembre 2008

Sagesse africaine : la santé passe par l’eau


Le Financial Times rapporte qu’Amadou Toumani Touré - Président du Mali depuis 2002 - est devenu « le plus grand champion de l'eau propre et des toilettes qui fonctionnent. »

Amadou Toumani Touré aurait initié une politique dédiée aux problèmes de l’eau et de l’assainissement au Mali en lançant une campagne globale de charité « pour réduire la pauvreté de l'eau. » Selon Amadou Toumani Touré, « l’eau est la vie et l'hygiène et un environnement propre sont la base du développement humain. » Il souligne qu’« un pauvre homme qui est propre peut devenir riche. Mais un homme riche qui est malade peut facilement devenir pauvre. »


lundi 15 décembre 2008

Pluralisme des modèles de gestion de l’eau


Dans un article du Monde (édition du 25 novembre), Armand Hatchuel - professeur à MinesParisTech, en photo ci-contre - estime que la performance des différents modes de gestion de l’eau « varie de manière paradoxale selon les modèles utilisés », qu’il s’agisse de la gestion publique ou déléguée au privé. Selon lui, « ces deux systèmes n'ont survécu qu'en inventant des standards techniques, des principes de gestion et des organisations compatibles avec les réalités de l'eau, à la fois ressource naturelle rare et produit high-tech exigeant de lourds investissements financiers et scientifiques. »
Pour traiter l’eau, « il faudra moins se fier aux vieilles doctrines et s'attacher plutôt à concevoir les outils et les structures adaptés aux évolutions des hommes et des choses. »
Dans le même esprit, le site Aguanomics.com constate que lorsque les coûts fixes d’une activité commerciale sont élevés, comme c’est souvent le cas pour le secteur de l’eau, « il est normal qu’une entreprise prenne de l’envergure mais elle doit faire en sorte de rester en contact avec ses clients et consommateurs. » De plus, citant le professeur d’économie Richard Howitt, il considère que « tous les modèles économiques de fonctionnement sont faux mais certains sont plus utiles que d’autres. »

samedi 13 décembre 2008

Traitement d’eau : les micropolluants traités par oxydation poussée

Air Products renforce son offre de procédés de traitement d'eau par oxydation chimique avec une nouvelle technologie baptisée HiPox. Issue d’une PME américaine qui a fait ses armes depuis cinq ans sur le marché industriel, cette technologie vise à traiter en affinage et à désinfecter les eaux claires en vue d’un recyclage dans le process. Selon Air Products, elle répondrait aussi aux nouvelles problématiques des micropolluants présents à l’état de traces (perturbateurs endocriniens, molécules bioaccumulatrices…) en sortie d’industrie ou de stations d’épuration. Son principe est d’injecter en une multiplicité de points, mais à très faible dosage, un mélange d’ozone et de péroxyde d’hydrogène, générant in situ dans l’eau des radicaux OH, puissants oxydants capables de casser les molécules les plus résistantes et de détruire les bactéries. Les microdosages se font en différents points d’un serpentin dans lequel circule l’eau, l’homogénéité du traitement étant assurée grâce à un mélangeur statique qui crée des turbulences dans le flux d’eau. Au delà de la configuration du système, tout le savoir-faire repose dans le choix du design, notamment la longueur du serpentin, du nombre d’injections, du dosage, en fonction du problème à traiter. Pour le marché européen et français, Air Products disposera, début 2009, d’une unité pilote mobile pour faire des essais chez les clients industriels, soucieux d’anticiper les réglementations sur les rejets d’eau ou pour du recyclage. Si ces capacités se confirment, l’HiPox deviendrait alors une véritable alternative au chlore et aux autres procédés de traitement.



vendredi 12 décembre 2008

L’épidémie de Choléra au Zimbabwe menace l’Afrique du Sud

Alors que les morts se comptent par centaines dans le pays dirigé par Robert Mugabe, l’Afrique du Sud voisine est elle aussi touchée par l’épidémie de choléra partie du Zimbabwe, qui s’est déclarée en août, et qui prend des proportions dramatiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé, elle touche aujourd’hui la plupart des régions du pays. Plus de 11 700 cas et 473 morts ont à l’heure actuelle été enregistrés.

Mais le bilan est probablement beaucoup plus lourd, de nombreux décès ayant lieu en dehors du système médical. Pour ne rien arranger, la plupart des quartiers de la capitale, Harare, sont privés d’eau courante depuis dimanche, en raison, selon le journal gouvernemental The Herald, du manque de produits chimiques pour en assurer le traitement.

L’épidémie déborde maintenant dans les pays voisins, avec des cas diagnostiqués au Botswana et en Afrique du Sud. Les autorités cherchent encore à minorer la catastrophe : «La situation est sous contrôle de ce côté de la frontière ! », a ainsi declare le docteur Nkadige, responsable du ministère sud-africain de la santé dans la province du Limpopo. « Il n’y a pas d’épidémie de choléra ici, affirme-t-il. Nous subissons seulement les effets de la crise zimbabwéenne.»

Sur le terrain, on ne partage pas le même diagnostic : en effet, les milliers de migrants illégaux ont porté le bacille en terre sud-africaine, et la majorité des cas qui se déclarent ces jours-ci n’ont jamais mis les pieds au Zimbabwe. Les conditions d’hygiène, le manqué d’infrastructures d’accès à une eau traitée font craindre le pire.

jeudi 11 décembre 2008

L’eau à l’horizon 2025


Nous avons déjà fait état de l’étude prospective publiée à la fin du mois d’aout et évaluant les menaces pesant sur l’approvisionnement hydrique de l’humanité. Dans un rapport détaillant les tendances globales à l’horizon 2025, le Conseil national de renseignement américain indique que dès aujourd’hui les pénuries d’eau menacent la sécurité alimentaire et qu’en 2025, 600 millions de personnes dans 21 pays seront touchés par ce phénomène.
Selon ce rapport, cette tendance sera difficile à inverser du fait de l’urbanisation rapide, de la croissance démographique, de la demande en eau croissante de l’agriculture et de la production d’énergie hydroélectrique.
Dans le même sens, un dossier intitulé « La production d'énergie à l'horizon 2050 » dans L’Expansion évoque l’eau comme un défi mondial car « les besoins augmentent de 64 milliards de m3 chaque année. »2 L’hebdomadaire estime que « la seule source d'approvisionnement possible provient du dessalement de l'eau de mer. » Cependant elle est « très énergivore : 5 kilowattheures par m3. Le recours aux énergies fossiles étant limité, il faudrait installer chaque année 30 réacteurs nucléaires EPR ou 65.000 éoliennes de 5 mégawatts. »
Quoiqu’il en soit, il semble que des investissements massifs dans les infrastructures de traitement et de recyclage soient seuls à même de faire face à ces évolutions.

Pourquoi le Liban a-t-il boycotté la conférence sur l’eau et la paix ?

Dans un communiqué publié dans L’Orient-Le Jour le 21 novembre dernier, Fadir Comair - directeur général des Ressources hydrauliques et électriques du Liban - donne les raisons de l’absence de son pays à la conférence internationale sur l'eau et la paix, organisée à Paris le 13 novembre 2008 par la Fondation Chirac et l’Unesco.
Il accuse les organisateurs de ne pas avoir répondu aux sollicitations du Liban et de s’être plus souciés du conflit entre Israël et la Palestine que des problèmes touchant toute la région. Fadir Comair appelle à une « coopération à grande échelle en vue d'un partage équitable » du bassin du Jourdain impliquant le Liban, Israël, la Syrie, la Palestine et la Jordanie, afin que chacun ait « suffisamment d'eau pour assurer leur bien-être social et la prospérité économique des générations futures dans le cadre d'une gestion de l’eau qui prendrait en compte l'aspect conventionnel et non conventionnel des ressources. »

mercredi 10 décembre 2008

Choléra : une mission française se rend au Zimbabwe

Une mission de six experts français est partie mardi pour le Zimbabwe, pour procéder à une évaluation de l'épidémie de choléra et prendre de premières mesures en faveur des populations touchées, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

Cette équipe d'intervention est composée de trois experts du centre de crise du ministère des Affaires étrangères, de deux épidémiologistes du Centre de veille sanitaire et d'un expert d'une fondation créée par le groupe Véolia Environnement, spécialisé notamment dans le traitement des eaux.

Cette mission étudiera aussi "des actions à plus long terme visant à endiguer les causes structurelles de cette épidémie".

La France avait annoncé jeudi dernier une "première aide" de 200.000 euros au Zimbabwe pour faire face au choléra qui a déjà fait environ 600 morts et contaminé 14.000 personnes. Cette somme est versée aux organisations humanitaires présentes au Zimbabwe.

dimanche 7 décembre 2008

Zimbabwe : la question de l’eau face au choléra

Les pouvoirs publics refusent de proclamer l’état d’urgence, mais la catastrophe semble hors de tout contrôle : on sait de source sûre que l’épidémie de choléra a tué des dizaines personnes, alors que des centaines d'autres ont été hospitalisées à Beitbridg. Des milliers d’autres pourraient être infectées. Le Dr Kanongara, responsable de la santé publique, a affirmé que « des mesures ont été prises pour endiguer la propagation de l'épidémie. » D’après lui, « les installations sanitaires vétustes, le manque d'eau potable, les mouches et la mauvaise gestion des ordures aggravent la propagation de l'épidémie."
Washafrica évoque le cas de Derrick Jimu qui a perdu son fils dans cette épidémie « j’impute sa mort aux élus de la ville et au gouvernement. Ils ont fermés les yeux sur les risques sanitaires dans notre ville depuis trop longtemps. » Il faut dire que le gouvernement s’est toujours refusé à mettre en œuvre les mesures permettant d’améliorer ses infrastructures pour répondre aux besoins sanitaires : le quotidien The Herald, qui consacre ainsi un article à la tarification de l’eau au Zimbabwe, note que le gouvernement aurait besoin de « donner un prix réel à l’eau, en encourageant les entreprises du secteur privé à investir dans le domaine de la gestion de l’eau, pour assurer la maintenance des infrastructures et la distribution de l’eau dans tout le pays. » Les concepts de tarification de l’eau et de durabilité sont intrinsèquement liés et soulignent la valeur de la rareté. D’un point de vue économique, les « tarifs de l’eau se doivent, au minimum, de couvrir les frais de distribution de l’eau. Les innovations technologiques et la capacité des ingénieurs et gestionnaires à adopter une attitude de « meneurs visionnaires » sont primordiales pour le succès d’une véritable politique de santé publique.

vendredi 5 décembre 2008

Israël face au spectre de la soif

Au cours d’une réunion sur la situation préoccupante des ressources en eau, le directeur du département gouvernemental de l’Eau et des eaux usées, Uni Shani, a annoncé que le pays pourrait être amené à « rationner l’utilisation domestique d’eau à partir du printemps 2009 du fait des faibles précipitations reçues depuis quatre ans et des prévisions similaires pour les deux années à venir. » De plus, selon lui, les mesures de restriction d’utilisation d’eau dans le secteur agricole ne devraient pas suffire à annuler le risque de contamination de l’eau.
Le premier ministre Ehud Olmert a ajouté que le problème devait être solutionné dès à présent afin d’éviter des changements radicaux dans le niveau de vie israélien. Lors de cette même réunion, il a été demandé au ministre des Finances de procéder à l’achat de nouvelles capacités de dessalement d’eau de mer. Le quotidien russe Russia Today rapporte qu’Uni Shani aurait également proposé de « limiter l’utilisation d’eau dans les prisons pour économiser de l’eau, l’oisiveté des prisonniers les poussant à gaspiller la ressource. »

jeudi 4 décembre 2008

L’eau du Cameroun

Au Cameroun, les plaintes des habitants qui déplorent le « coût trop élevé, la qualité médiocre et l’accès difficile à la ressource » se multiplient. Les raisons évoquées tiennent notamment au retard pris par l’Etat au niveau des investissements pour le renouvellement des infrastructures. Selon le quotidien Le Courrier, « la tâche s'annonce titanesque: l'Etat camerounais n'a pas investi dans le secteur de l'eau depuis plus de vingt ans. »
Depuis cet été, la Camerounaise des eaux (CDE) et Camwater sont les deux entités nées de la défunte Société nationale des eaux du Cameroun (SNEC), qui a achevé son processus de privatisation. « La CDE est sous le contrôle de l'Etat », précise Paul Mpoulet - délégué provincial du ministère de l'Eau et de l'Energie - qui refuse le terme de privatisation. « L'Etat a décidé de créer deux structures pour dynamiser le secteur qu'il n'est pas arrivé à développer. Mais l'eau doit rester un service public.» L'Etat est lié à la Camwater par une convention de concession et à la CDE par un contrat d'affermage et de performance.
Lors de sa désignation le 3 octobre dernier, c'est en fait l'Office marocain des eaux potables qui a été constitué en société de droit camerounais "la Camerounaise des eaux".
Lors de la passation de service en présence du ministre Essimi Menye et des responsables marocains de la nouvelle structure, le directeur général du groupe marocain a affirmé qu'il n'y aura pas d'augmentation du prix d'eau. C'est d'ailleurs l'une des closes avec l'Etat camerounais afin de permettre aux nombreuses populations camerounaises d'avoir accès à l'eau potable. Il n'y aura pas non plus, de dégraissage des effectifs. Reste à savoir si cette société constituée de l'opérateur public marocain arrivera à répondre à la taille des enjeux.
La journaliste Anne Pitteloud rapporte en effet que « cette année encore, le Cameroun est classé par l'ONG Transparency International parmi les pays les plus corrompus de la planète. Aujourd'hui, l'Etat compte rattraper son retard dans le secteur de l'eau grâce à la privatisation de sa distribution. La Camerounaise des eaux est compétente, ses objectifs précis, elle réussira peut-être à améliorer la situation. Reste à espérer qu'elle soit épargnée par la corruption et que l'Etat ne fasse pas payer au peuple camerounais le coût de son incurie: il serait regrettable que le remboursement des investissements et des crédits accordés par la Banque mondiale et le FMI plonge davantage la population dans le marasme. »
Pendant ce temps, les camerounais désespèrent d’avoir un jour un accès régulier et sûr à la ressource : le Cameroun Tribune évoque par exemple les coupures d’eaux qui ont eu lieu à Yaoundé le 14 novembre dernier, à propos desquelles Joseph Kenmogne - directeur régional adjoint chargé de la maintenance - affirme que la panne est due à des « engins de travaux publics, notamment, des pelles mécaniques et des niveleuses qui ont dû faire des manœuvres assez rudes sur la conduite enterrée dans l’enceinte du quartier. »

mercredi 3 décembre 2008

L’empreinte de l’eau devient une norme scientifique

L’Unesco a annoncé « la création d’un réseau sur l’empreinte sur l’eau qui aura pour objectif de définir dans ce domaine des normes économiques universellement reconnues. »
Le professeur Arjen Hoekstra – nommé directeur scientifique de ce réseau - explique que « l’intérêt pour l’empreinte sur l’eau signifie la reconnaissance du fait que l'impact humain sur les systèmes d’eau douce dépendent en fin de compte de la consommation humaine. Des problématiques telles que les pénuries d’eau et la pollution peuvent mieux être comprises et résolues si l’on considère la production et les chaînes d’approvisionnement en général.»

mardi 2 décembre 2008

L’eau plus précieuse que le pétrole ?


Lors d’une récente réunion à Dubai, Horst Enzelmüller - directeur de Techem AG, fournisseur de services de mesure de consommation d’énergie - s’est dit « convaincu que le coût de l’eau dans la région du Golfe Persique dépassera celui du pétrole dans les années à venir. »
« Alors que l’eau est une ressource non renouvelable de plus en plus rare, une grande partie des populations occidentales la consomment sans limite du fait d’une tarification de la ressource qui ne reflète pas sa vraie valeur. » M. Enzelmüller a expliqué qu’une des manières les plus efficaces d’économiser de l’énergie et de l’eau est d’utiliser des systèmes de mesure de consommation individuelle (c-à-d des compteurs)
Si le diagnostic tarifaire proposé pointe incontestablement une problématique essentielle, à savoir la juste tarification d’un bien précieux que des organisations motivés par des idéologies politiques improbables présentent de manière irresponsable comme gratuit, on peut toutefois nuancer le propos de M. Enzelmüller par le fait que la quantité d’eau présente sur notre planète reste constante. En effet, l’eau à la grande différence des ressources énergétiques telles que le gaz et le pétrole est une ressource sans cesse renouvelable.

jeudi 27 novembre 2008

Journée mondiale des toilettes

Ce titre peut paraître surprenant, mais c’est pourtant un problème dramatique que pointait l’événement. Le 19 novembre dernier a en effet eu lieu la « Journée mondiale des toilettes », organisée à l’initiative de l’ONU dans le cadre de « l’année internationale de l’assainissement. »

Par cet évènement les Nations Unies ont souhaité lutter contre la mortalité infantile et rappeler que l'absence d'assainissement et d'hygiène représente l'une des causes indirectes mais essentielles de la malnutrition dans le monde, notamment par la propagation de maladies empêchant l'enfant de se nourir. Pour Action contre la Faim, « l’objectif aujourd’hui est que l’assainissement devienne une priorité dans les stratégies de développement et d’intervention d’urgence. La problématique des latrines doit être intégrée de façon systématique à la problématique de l’eau. »
L’assainissement constitue de surcroît une problématique économique majeure : selon l'étude annuelle de Global Water Intelligence, l'assainissement des eaux usées représentera 140 milliards de dollars d'investissements en 2016, contre un peu de plus de 80 milliards de dollars actuellement.
Mais, comme le souligne la Coalition Eau, l’assainissement reste un sujet tabou que l’on n’évoque pas facilement en public dans toutes les sociétés. Selon Cecilia Martinsen – Directeur de projet à l’Institut National de l’Eau de Stockholm, spécialiste des questions d’assainissement - « la crise de l’assainissement est toujours mise de côté lorsqu’on évoque les questions de l’eau ou du développement. » Nathanaël Legeard - coordinateur technique de l’association Toilettes du monde -reconnaît de son côté qu’il est « difficile de mobiliser les acteurs politiques sur ce sujet. »
Ce constat a récemment fait l’objet d’une publication d’intérêt, puisque dans son livre intitulé « Le gros besoin : le monde honteux des déchets humains et son importance », Rose George, journaliste et écrivain, avance que le « gros besoin » de l'humanité, c'est celui d'avoir des toilettes dignes de ce nom. Elle rappelle que des institutions transnationales telles que la Banque mondiale et Water- Aid - une association britannique lancée par de grandes entreprises de traitement et de distribution d'eau - jouent un rôle important dans la définition de sanitaires convenables et considèrent que « si la collecte des eaux usées est à la base du progrès sanitaire, leur traitement crée à son tour des problèmes préoccupants. »

dimanche 23 novembre 2008

Bilan du colloque « l’eau pour la paix, la paix pour l’eau »

Lors du colloque international « l’eau pour la paix, la paix pour l’eau » qui s’est tenu le 13 novembre à Paris, organisé par la Fondation Chirac pour le développement durable et le dialogue des cultures, l'Unesco et l'Agence française de développement, Jacques Chirac a proposé la mise en place d'une taxe applicable au transport maritime, pour financer l'accès à l'eau et à l'assainissement. L'ancien président a souhaité aussi que l'Union pour la Méditerranée (UPM) se penche sur la question de la gestion des eaux du Jourdain et prenne à ce sujet une « grande initiative. » Deux thèmes en particulier ont été abordés dont les recommandations seront transmises au 5ème forum sur l’eau qui doit se tenir à Istanbul au printemps prochain : les eaux transfrontalières, d’une part et l’accès à l’eau dans les États fragiles, d’autre part.
Ce colloque, en se basant sur le constat que « près de 96% des réserves d’eau douce de la planète se trouvent dans des aquifères souterrains majoritairement transfrontaliers », visait à promouvoir la mise en œuvre des mécanismes juridiques internationaux pour prévenir les nombreux conflits qui peuvent naître de l’exploitation de ces réserves d’eau.
Dans son discours, Jacques Chirac a appelé la communauté internationale à prendre sérieusement en main la question de l’accès à l’eau et à l’assainissement : « 900 millions d’habitants de notre planète, 900 millions ! N’ont toujours pas accès à l’eau potable. Pourrons-nous plus longtemps tolérer ce scandale ? Pourrons-nous longtemps encore tolérer que chaque jour, dix mille enfants meurent d’avoir bu une eau insalubre ? » Jacques Chirac a expliqué qu'« il est urgent de fixer et de faire adopter des règles de partage et d’arbitrage de la gestion de l’eau. » Selon lui, ce n’est pas la ressource qui manque mais une bonne gestion de distribution de l’eau au niveau mondial, régional et local. « On sait aujourd’hui que des civilisations sont mortes d’avoir été privées d’eau, que cette privation ait été le fruit de circonstances climatiques particulières, d’une mauvaise gestion de la ressource, ou de la mise à sac délibérée des techniques ancestrales. » « Il faut avoir une vision stratégique du partage des ressources. Une vision stratégique qui consacre l’eau comme un bien commun, à l’abri de tout accaparement. » Il propose en parallèle de poursuivre l’effort de l’aide publique en maintenant l’objectif de 0,7 % du PIB consacré à l’aide au développement. « L’effondrement des crédits d’aide, dans la quasi-totalité des pays du Nord, est une honte, une faute morale et une erreur stratégique. »
Michel Camdessus – membre du conseil d'administration de la Fondation Chirac et ancien directeur général du Fonds monétaire international - a estimé pour sa part que la crise financière associée à la crise alimentaire, à la crise énergétique et à la crise climatique provoque « une situation très dangereuse et très nouvelle. » Il a formulé le souhait qu'une « situation aussi grave » puisse rendre « plus active » la coopération internationale.
Heureux écho politique de ces préoccupations, Noah Kinarti - responsable israélien - a affirmé que l’État d’Israël reconnaît le droit aux palestiniens d’utiliser les ressources en eau. « Les deux parties ont toujours veillé à garder la question de l’eau hors du cercle des affrontements. » Il a souligné qu’« à plusieurs reprises, nous sommes allés ensemble sur le terrain pour résoudre les conflits ponctuels qui se présentaient. Grâce à cette bonne foi, les questions de l’eau sont les seules qui ont pu être réglées et qui continuent de l’être, même sous les bombes. Nous continuerons à œuvrer ensemble. »
Globalement, les intervenants ont tous confirmé qu’il existe un « changement d’attitude » vis-à-vis de l’eau et même si des conflits existent, « finalement le bon sens prévaut » toujours. « Il faut être audacieux, mais nous pouvons réussir si nous le voulons », a ainsi conclu l’ancien président français.

mercredi 19 novembre 2008

Enjeux de l'eau en Chine


Le tronçon du projet de diversion d'eau nord-sud reliant Pékin à à la ville de Shijiazhuang a été achevé le 19 octobre dernier. Par ce tronçon, l’eau de la province Hebei est acheminée vers la capitale mais pourrait prochainement approvisionner aussi la Chine centrale, qui commence à mettre en place une politique de gestion de l'eau soucieuse de la préservation de la ressource et des impacts de sa politique industrielle sur l'environnement. La longueur totale du tronçon serait alors de 1.400 kilomètres.
Parallèlement, les autorités de Chine centrale étudient la possibilité de fermer temporairement quelques usines très polluantes et d’ouvrir un large réservoir d’eau afin de venir en aide à 78.000 personnes de la région du Hunan qui n’ont plus accès à l’eau du fait d’une période de sécheresse intense.

mardi 18 novembre 2008

L'eau du Grenelle de l'environnement

L’Assemblée nationale a, comme on sait, voté en première lecture le projet de loi d’orientation sur le Grenelle de l’environnement. Cette « feuille de route » définit les objectifs à long terme et les mesures concrètes à prendre en faveur de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables. Ce texte, qui sera suivi d’un Grenelle 2 précisant les moyens de la mise en œuvre des actions envisagées, couvre notamment le secteur de l’eau et définit un certain nombre d’objectifs censés contribuer à retrouver et garantir une bonne qualité écologique de l’eau.

Les objectifs sont :

  • L’interdiction des phosphates dans tous les produits de lessive à partir de 2012, sauf pour ceux qui sont destinés au lavage industriel pour lesquels la date est 2015, ce qui laissera le temps aux industriels pour la recherche de solutions alternatives.

  • La protection renforcée des 500 captages les plus menacés par des pollutions diffuses, en particulier des nitrates et des phytosanitaires, ainsi que la modernisation du parc de stations d’épuration dans les meilleurs délais techniquement réalisables.

  • Le développement de la récupération et de la réutilisation des eaux pluviales et des eaux usées dans le respect des contraintes sanitaires.

  • La réduction de la présence dans les milieux aquatiques des substances dangereuses prioritaires identifiées par la réglementation européenne.

  • Le partage de la ressource en eau entre les différents usages, en respectant l’écologie des hydrosystèmes et en maintenant la priorité de l’utilisation de l’eau potable.

  • La préservation et la reconstitution de la continuité écologique des milieux aquatiques, en particulier l’effacement des obstacles les plus problématiques pour la migration des poissons.

  • La restauration et l’entretien des zones humides et des réservoirs biologiques essentiels à la biodiversité et au bon état écologique des masses d’eau superficielles.

  • Le renforcement de la surveillance des milieux aquatiques afin de mieux évaluer les pollutions historiques, notamment dans les sédiments et les pollutions émergentes.

lundi 17 novembre 2008

Le fleuve Amazone pollué au mercure


L’association « Conciencia global » dénonce les problèmes de l’eau au Brésil.
L’association révèle que dans les 50 dernières années, 1 300 tonnes de mercure ont dû être versées dans le fleuve Amazone.
Si, en amont, la pollution est le fait de l'activité des orpailleurs clandestins qui utilisent le mercure pour amalgamer l'or, dans les régions les plus riches du pays comme dans les Etats de Sao Paulo et Rio de Janeiro la contamination de l’eau est surtout due à un manque de traitement des eaux usées et à un système d’assainissement basique insuffisant.

dimanche 16 novembre 2008

Californie : la pénurie d'eau préoccupe à tous les niveaux

A Los Angeles, PBS - la chaîne de la télévision publique - a diffusé le dernier épisode de la série « L’eau de Californie », produite par Huell Howser et cosignée par l’Association des agences californiennes de l’eau, intitulé : « Serrer la ceinture de l’eau. » Cette émission a proposé les modifications à long terme qu’il faudrait entreprendre pour obliger les habitants à réduire leur utilisation de l’eau et pour éviter les retombées de la sécheresse.
La Californie fait en effet face à une des plus graves sécheresse de son histoire : Steve Nemeth - qui relève les niveaux de stockage à Sacramento pour le département d'Etat des Ressources en Eau - a déclaré que le niveau des réservoirs n’avait pas été aussi bas depuis septembre 1994.
En conséquence, les projets d'extension des infrastructures se multiplient : le secrétaire de l'intérieur Dirk Kempthorne a ainsi inauguré le lancement des travaux du projet de construction du réservoir d'eau à Imperial Valley sur le fleuve Colorado. Ce réservoir stockera l'eau du fleuve Colorado qui s’écoule vers le Mexique, et approvisionnera en eau les Etats de la Californie méridionale côtière, du Nevada méridional et de l'Arizona central.
La population commence à prendre conscience de la gravité de la situation, et exprime une inquiétude qui se traduit par exemple par la nouvelle campagne publicitaire d’affichage nationale dans laquelle l’association « Les Californiens pour la stabilisation de la population » (CAPS) insiste sur la pénurie d’eau qui frappe le pays et affirme que la seule solution pour régler le problème de l’eau est la « meilleure gestion de la croissance démographique, menée par une réduction de l’immigration. »

samedi 15 novembre 2008

Congo : pénurie d'eau potable

On connait les difficultés récurrentes que le pays rencontre pour assurer un accès continu à l'eau sur l'ensemble de son territoire. Le site d’information Allafrica.com rapportait récemment que la Régie de distribution d'eau (Regideso) ne fournit plus en eau potable le quartier Azuati de la commune de Ngaba, dont les habitants devraient par conséquent s’approvisionner dans le quartier Kitona voisin. Les ruptures de distribution seraient dus en l'occurence « aux constructions anarchiques érigées sur les tuyaux du réseau. »
Ces problèmes génèrent des conséquences dramatiques, qui vont au-delà de la seule question sanitaire : Mediacongo.com rapporte que dans la province du Kasaï Occidental, le flux d’électricité étant défectueux, la distribution d’eau en pâtit et alors que les femmes vont chercher de l’eau dans des quartiers voisins, leurs fillettes « se font violer même à la maison quand leur maman sont à la recherche d'eau. » Quant aux sources d’eau elles-mêmes, elles deviennent « des lieux prédilection pour la délinquance juvénile. »

vendredi 14 novembre 2008

La crise financière à l’agenda du 5ème forum mondial sur l’eau

Alors que s’est ouvert le 5ème Forum mondial de l’eau, Loïc Fauchon - président du Conseil mondial de l’eau (CME), s’intéresse aux répercussions possibles de la crise sur le secteur.
De son point de vue, « personne ne peut ignorer que la crise financière aura des impacts sur les moyens dévoués à l’amélioration de la situation du secteur de l’eau.» Il ajoute que tous les pays, riches et pauvres en subiront les conséquences et devront réagir par rapport à ces impacts. Il insiste pour que le Forum à venir soit l’occasion de rappeler aux grands décideurs qu’ils ne « doivent pas relâcher leurs efforts dans le domaine du développement humain et donc de la gestion de l’eau. Les prochains mois seront décisifs pour le secteur de l’eau qui devra disposer de suffisamment de ressources financières pour continuer à apporter l’eau potable au plus grand nombre. »

jeudi 13 novembre 2008

L’Algérie poursuit son équipement en infrastructures de dessalement

Le 19 octobre 2008, Chakib Khellil - ministre de l’Energie et des mines - a annoncé la livraison de la station de dessalement d’eau de mer de Cap Djinet pour octobre 2010.
Il a ajouté que cette station entre dans le cadre de la « politique nationale visant à assurer l’autonomie dans l’approvisionnement des citoyens en eau potable durant les quelques années à venir. » Avec la mise en service de cette station et de celles d'El-Hamma à Alger, d'Oueb-Sebt et Souf, la capacité de production d’eau dessalée devrait atteindre les 700 000 m3 par jour.
Le dessalement connaît actuellement un développement exponentiel au niveau mondial. L’Association international de dessalement a rendu public un rapport réalisé par le centre de recherches Global water intelligence sur le secteur du dessalement de l’eau de mer qui indique que le montant des capacités de dessalement a augmenté de 43% en 2007. Au cours du premier semestre 2008, « les capacités ont d’ores et déjà augmenté de 39%. »

mercredi 12 novembre 2008

Une première carte des ressources d’eau transfrontalières

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a publié le 22 octobre la première carte mondiale des réserves d'eau souterraines transfrontalières pour améliorer la connaissance et la gestion des ressources aquifères partagées.
Selon l'organisation, « près de 96% de l'eau douce de la planète se trouve dans les aquifères souterrains, dont une grande majorité est transfrontalière, mais malgré l'importance stratégique de ces ressources, il n'existe jusqu'à présent aucun inventaire mondial. » La carte, qui indique la localisation de ces réserves d'eau souterraines, renseigne aussi sur leur qualité et leur taux de recharge.

mardi 11 novembre 2008

Nomination d’un conseiller special de l’eau à l’ONU


L'Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé la nomination de Maude Barlow - présidente du Conseil des Canadiens, plus important syndicat du Canada, et spécialiste de la question de l’eau - au poste nouvellement créé de conseiller spécial de l’eau auprès du président des Nations Unies, Father Miguel d'Escoto Brockmann.
Ce dernier a décidé de la création de ce poste afin de répondre à une des six questions prioritaires de son mandat, à savoir atteindre les objectifs du programme des Nations Unies « Decade water for life », alors qu’un nouveau rapport des Nations Unies publié le 19 octobre dernier révèle que « l'installation de toilettes et l'assurance de la fourniture d'une eau potable dans les pays les plus démunis, est le moyen le plus sûr de réduire la pauvreté et d'améliorer la santé publique. »
Dès l’annonce de sa nomination, Maude Barlow a accusé le gouvernement de Stephen Harper d’avoir une « politique de l’eau trop idéaliste qui ne prend pas en considération les difficultés de la situation actuelle » et a regretté qu’il « refuse de renégocier l’Alena (Accord de libre-échange nord-américain) pour empêcher l’exportation massive des eaux canadiennes. »

lundi 10 novembre 2008

Les eaux usées, un enjeu majeur en Palestine


Le 28 octobre s’est ouverte en Jordanie la conférence EuroMed, consacrée au problème de la gestion de la ressource en eau et de la dépollution de la Méditerranée, un des thèmes prioritaires d’action de l’Union pour la Méditerranée.

Au moyen-orient, le traitement de l’eau se heurte notamment à la coopération insuffisante entre Israéliens et Palestiniens, sur fond de tensions géopolitiques et de répartition inégale de la ressource : selon des propos de partisans pro-palestiniens relayés par le site Cherada.com, Israël possède « 13 % de l’eau de la région mais en contrôle 60%. » Dans les territoires palestiniens, le rationnement est de rigueur, alors que la plus grande partie des eaux usées se déverse directement dans la nature. Seule une petite partie des villes et villages de Cisjordanie est connectée à un réseau d’évacuation.

De grandes agglomérations comme Naplouse ou Hébron, qui comptent plusieurs centaines de milliers d’habitants, ne disposent d’aucune station d’épuration. Dans un récent rapport, le ministère israélien de l’environnement note que 95 % des eaux usées en Cisjordanie ne sont pas traitées et menacent directement la nappe phréatique la plus profonde et la plus abondante.

« La situation dans les territoires palestiniens est la pire des pays de la région », regrette Omar Zimmo, ingénieur en génie civil à l’université de BirZeit, interrogé par La Croix (article du 28 octobre 2008). « Pendant longtemps, les gens ont pensé que la nature pouvait tout absorber, mais avec les grandes concentrations de population en zones urbaines, c’est devenu insoutenable. Les dégâts sur l’environnement sont très importants. »
Conséquence : les eaux usées finissent par s’infiltrer dans le sol et les points stagnants deviennent des réservoirs à moustiques et à maladies (en photo, le village bédouin d’Um-an-Nasser envahi par les eaux usées le 27 mars 2007). « La pollution abîme les sols et affecte les nappes phréatiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’eau potable ne doit pas excéder 50 mg de nitrates par litre. Dans la plupart des localités palestiniennes, on dépasse largement ce taux », poursuit Omar Zimmo.

Ce n’est pourtant pas l’argent qui manque. Pas moins de huit projets de station d’épuration ont été approuvés par les pays donateurs, pour certains depuis une dizaine d’années. Pour l’heure, une seule station, près de Ramallah, a effectivement été mise en fonction.

« Les Israéliens retiennent les autorisations, car ils veulent que les stations d’épuration palestiniennes traitent aussi les eaux usées des colonies israéliennes », explique Omar Zimmo. « Politiquement, c’est inacceptable. Cela revient à reconnaître l’existence de ces colonies. Les donateurs eux-mêmes ne peuvent souscrire à ces conditions. » Faute d’accord sur le statut des colonies juives de Cisjordanie, les projets sont bloqués. Dans la bande de Gaza, la situation est encore plus préoccupante.

Sur la plage de Gaza, quelques centaines de mètres après la sortie de la ville, les égouts se jettent directement dans la mer. Plus de la moitié des eaux usées de la bande de Gaza sont ainsi rejetées à la mer sans aucun traitement. Pour le reste, les eaux sont collectées dans des « lagons » à ciel ouvert et infiltrent les sources d’eau potable.

Au-delà des questions de santé publique, le recyclage des eaux usées est une nécessité dans une région où le manque d’eau s’aggrave chaque année. « Nous avons besoin de cette eau », lance Omar Zimmo en faisant jaillir un jet d’eau claire traitée par la station expérimentale qu’il a construite grace à des fonds européens à Ein-Sinya. « Elle n’est pas potable, mais on peut s’en servir pour irriguer les cultures. C’est un progrès énorme. »

Les toilettes, une question de dignité

Tel est le titre d'une exposition que La Coalition Eau propose, s’adressant aux collectivités locales, pour les mobiliser à s’engager à résoudre la crise de l’assainissement.

Les organisateurs rappellent que « l’absence d’accès à l’assainissement est un fléau qui tue ». Chaque année, le manque d’eau couplé au manque d’assainissement tuerait 1,6 millions d’enfants de moins de 5 ans.

L’exposition est à l'origine une initiative mondiale de l‘ONG allemande German Toilet Organization, qui a conçu cette idée originale et sa duplication dans diverses régions du monde avec le soutien de l’UN Water.

Partant du constat que l’assainissement reste un sujet tabou : quoi de mieux que de placer ce sujet au cœur des villes pour l’aborder et ne plus passer à côté sans le regarder, qui plus est à l’occasion de l’année internationale de l’assainissement déclarée par l’ONU ?

Cette exposition a été conçue pour être traduite et déclinée dans une grande diversité de pays et de contextes, au Nord comme au Sud. Elle a déjà fait l’objet d’évènements à, Singapour, Lausanne, Nairobi, à l’occasion d’une conférence de presse à New York, etc. Un site Internet (www.sanitation-is-dignity.org) présente la mobilisation internationale pour l’exposition et fait le lien avec les sites des partenaires.

dimanche 9 novembre 2008

Le recyclage des eaux de pluie sous haute surveillance

Dans un communiqué du 14 octobre, la Direction Général de la Santé (DGS) a rappelé « les précautions sanitaires qui doivent nécessairement entourer la récupération des eaux de pluies pour des usages domestiques à l'intérieur de l'habitat. » Nous en avons déjà parlé dans notre blog ici, car l’enjeu de santé publique nous semble également être important.
La DGS met en garde particuliers et professionnels sur le fait que ces installations doivent être réalisées dans les règles de l'art.De plus, elle rappelle qu'en aucun cas l'eau de pluie ne doit être bue. Sa contamination microbiologique et chimique dépasse en effet les limites autorisées pour l'eau potable et son absorption pourrait avoir des effets indésirables sur la santé. Sur chaque robinet relié au récupérateur d'eau de pluie doit donc impérativement être clairement indiqué que l'eau n'est pas potable. Par ailleurs, la DGS précise qu'en cas d'utilisation à l'intérieur des bâtiments, le réseau d'eau de pluie doit être parfaitement séparé de celui d'eau potable. Si l'eau de pluie venait à se mélanger à l'eau potable, non seulement le risque serait grand que quelqu'un boive de l'eau de pluie (à partir du robinet de la cuisine ou de celui de la salle de bains, notamment), mais surtout, il suffirait d'une chute de pression sur le réseau public pour que toutes les maisons du quartier soient contaminées. »
La DGS encourage la « création d'un réseau spécifique de canalisations en étant très attentif à la séparation de ces réseaux » et précise qu’il existe un double risque. Le « risque qu'une personne puisse boire l'eau de pluie et, plus grave, que le réseau public d'eau potable soit contaminé par l'eau de pluie à l'occasion d'une chute de pression. »

samedi 8 novembre 2008

La Francophonie insiste sur la gouvernance de l’eau, l’accès à l’eau et aux services d’assainissement

On a beaucoup parlé du récent sommet de la francophonie : les télévisions ont insisté sur l’importance de l’organisation, notamment de son engagement sur des enjeux plus larges que sur la langue. Du 17 au 19 octobre 2008, la XIIè Conférence des chefs d’État et de gouvernements de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Québec, au Canada, a abordé le thème de l’eau dans sa déclaration finale, dite « Déclaration de Québec ».

Dans cette déclaration québécoise (on sait que l’eau importe au Québec et au Canada), les représentants de la Francophonie s’engagent à « promouvoir une meilleure gouvernance de l’eau, incluant la gestion transfrontalière des eaux, conformément aux Objectifs de Développement du Millénaire (ODM) et encourager la mise en œuvre d’initiatives favorisant l’accès durable à l’eau potable et aux services d’assainissement de base ».


Caféine et arsenic dans l'eau en bouteille, produits pharmaceutiques dans l'eau du robinet

Aux Etats-Unis, la bataille fait rage entre lobbies de l'eau en bouteille et groupes environnementalistes : à la clé, un marché de plus de 16 milliard de dollars...
De nombreux medias sont revenus sur la publication le 15 octobre dernier d’un rapport sur la qualité de l’eau en bouteille par le Environnemental Working Group (EWG) - groupe de recherche américain à but non lucratif-. Selon les conclusions du rapport, chacune des dix eaux en bouteille testées contient en moyenne huit produits chimiques tels que la caféine, du nitrate ou de l’arsenic. Par opposition, l’Association internationale de l’eau en bouteille (IBWA) prétend que les tests n’ont démontré aucune présence de produits chimiques interdits mais n’a pas été en mesure de produire des preuves.
EWG avance que l’eau contenue dans des bouteilles produites par les supermarchés Wal Mart ne présente aucune différence chimique avec l’eau du robinet. Cette organisation ne cherche pas à démontrer que l’eau en bouteille est de moins bonne qualité que l’eau du robinet mais qu’elle n’est peut-être pas meilleure. Le groupe environnemental a adressé une notification avec l'intention de poursuivre Wal-Mart. Selon Tony Winnicker - porte-parole de la Commission de services collectifs publics – « l'étude apporte davantage d'évidences que le mythe est souvent un mensonge. »
Parallèlement, le L.A. Times consacre un article au débat entre l’eau en bouteille et l’eau du robinet et plus particulièrement concernant leur sûreté. L’eau du robinet semblerait l’emporter.
Le quotidien revient notamment sur la dernière enquête de The Associated Press, qui, peu avant le rapport de l'EWG, révélait pour sa part la présence de traces de produits pharmaceutiques dans l’eau du robinet. Les opposants à l’eau en bouteille rappellent en réponse que l’industrie de l’eau en bouteille puise dans les mêmes sources que l’eau municipale et est donc sujette elle aussi à cette contamination. Ils ajoutent que tandis que les réseaux publics d’eau sont régulièrement examinés parfois plusieurs fois par jour, l’administration alimentaire et pharmaceutique (FDA) n’exige de la part des compagnies d’eau en bouteille de déterminer le taux de contamination seulement qu’« une fois par semaine, une fois par an, voire une fois tous les quatre ans. »
Ces batailles d'experts ont bien entendu leurs déclinaisons locales ainsi en Floride, le département Eau et Eaux usées du Comté de Miami-Dade (Miami-Dade Water and Sewer Department (WASD)) a diffusé pendant 5 semaines des films publicitaires afin de promouvoir l'eau du robinet, déclarée comme « peu coûteuse, plus pure et plus sûre que l'eau en bouteille. » Cette campagne a provoqué la réaction de Nestlé, qui menace de poursuivre Miami-Dade en justice pour « publicité mensongère. » Selon Jim McClellan - porte-parole de Nestlé - : « c'est une attaque sur l'intégrité de la compagnie et sur le produit que nous fabriquons et cela est fait d'une manière flagrante et erronée. » John Renfrow - directeur du Miami-Dade Water and Sewer Department - a défendu le droit du comté de valoriser son eau du robinet : « fondamentalement, le message est que notre eau est très bonne. » Wenonah Hauter - présidente de Food & Water Watch18 - a considéré l’attitude de Nestlé comme « honteuse et outrageuse » car elle essaie « d’effrayer ses concurrents » et invite les internautes à signer une pétition contre la compagnie.
L'ampleur de ce combat eau en bouteille / eau du robinet est telle que le paysage économique de l'eau commence à se redessiner – non sans retombées sociales : selon le New York Times, PepsiCo, propriétaire de la marque d’eau en bouteille Aquafina a décidé de licencié 3.300 personnes et de fermer six de ses usines de mise en bouteille du fait de la baisse des ventes d’eau en bouteille. Parallèlement, au cours des six premiers mois de l’année, les ventes nationales de filtres à eau ont augmentées de 16%.

vendredi 7 novembre 2008

Les saumons montent à Paris


Au barrage de Suresnes (Hauts de Seine), un saumon de l'atlantique a été pêché pour la première fois depuis 70 ans, ce qui est un « signe de l’amélioration de la qualité de l’eau » car le saumon est un bio-indicateur très sensible à la pollution.
De plus, 31 autres espèces de poissons y sont répertoriées ce qui illustre à quel point les eaux de la Seine bénéficient de la politique d’assainissement mise en place depuis quelques années.

Arabie Saoudite : le lac Musk purifié


Le 11 octobre dernier, la municipalité de Jeddah a signé un contrat avec trois entreprises privées, dont le nomn'a pas été révélé, afin qu’elles assainissent le lac Musk dans les six prochains mois, ce lac contenant dix millions de m3 d’eaux usées non traitées.
Ces eaux seront traitées et transformées en eau grise dédiée à l’irrigation agricole.

jeudi 6 novembre 2008

EriK Orsenna publie la suite de son ouvrage sur le coton : « l’avenir de l’eau »


Erik Orsenna publie « L’avenir de l’eau », suite de son ouvrage sur le coton. Interrogé par le magazine Challenges, il insiste sur la diversité des situations d'accès à l'eau de par le monde : « Il n'y a pas de crise globale de l'eau, mais des tensions locales. L'eau explique l'articulation entre le global et le local. Economiser de l'eau au Canada ne résoudra pas le problème du Maghreb. Récupérer la rosée du brouillard dans le désert qui permettra à un village d'avoir 1 000 litres le matin est une solution locale. L'eau, c'est lourd et fragile, donc il n'y a pas de marché global. Dans le monde vers lequel on s'achemine, il n'y aura pas de solution unique. » Et de souligner que la situation actuelle est catastrophique : « un milliard d'habitants de la planète n'ont pas accès à l'eau et 2,6 milliards vivent sans système d'évacuation des eaux usées, 25 000 êtres humains meurent chaque jour faute d'eau, dont la moitié sont des enfants. Pasteur dénonçait le fait que 90% des maladies ont pour origine des carences en matière d'eau. Ce qui était vrai dans son temps l'est plus encore aujourd'hui. L'absence d'eau tue dix fois plus que les guerres. Notre avenir est encore plus inquiétant que notre présent. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: les réserves mondiales par habitant sont passées de 16800 mètres cubes en 1950 à 7300 en 2000 et atteindront probablement 4800 mètres cubes en 2025. Il faut avoir le courage de dire que les objectifs du Millénaire paraissent hypocrites. Les investissements consentis chaque année pour améliorer le système d'accès à l'eau atteignent aujourd'hui presque 15 milliards de dollars. Cela est nécessaire, mais cela ne suffit pas. À partir de là, il reste à construire l'avenir. »

Orsenna insiste sur la question de l’accès à l’eau : « L'accès à l'eau est un problème urgent. Dans certaines régions de la Chine, par exemple,il faut puiser à plus de 1000 mètres pour trouver de l'eau non contaminée; le lac Tchad a perdu 95% de sa surface; la mer d'Aral a presque été rayée de la carte. On pourrait multiplier à l'envi ce type d'exemples. Mais le vrai problème reste celui de l'accessibilité. À mon avis, le problème principal n'est pas celui du gaspillage de l'eau, ils sont ceux de l'agriculture et ceux du non-traitement des eaux usées. Concernant l'agriculture: 73% de l'utilisation de l'eau douce est assurée par l'agriculture (contre le 21% pour l'industrie et 6% pour les usages domestiques). Il faut 4500 litres d'eau pour produire un kilogramme de riz. Le 40% de l'alimentation mondiale est produit par un système d'agriculture irriguée. Or, 20 à 60% de l'eau prélevée par ces systèmes s'évapore pendant processus. Concernant le non-traitement des eaux usées, rappelons que, dans les pays en développement, 40 à 60 % de l'eau est perdue, en raison d'infrastructures défaillantes. Sur le fond, l'un des problèmes majeurs reste celui de l'inégalité d'accès à l'eau. Inégalités entre pays, inégalités entre régions, inégalités entre quartiers. Je souligne que 82% de la population d'Afrique a des difficultés d'approvisionnement d'eau contre 35% des Américains et que la consommation quotidienne d'eau à usage domestique est de 300 à 600 litres en Europe contre 10 à 40 en Afrique. »

Orsenna propose quatre solutions : « Le renforcement de l'Aide publique au développement dans l'intérêt des lignes d'action de collecte et de gestion de l'eau. La priorité doit être donnée à la gestion des problèmes agricoles. C'est dans ce domaine qu'il faut porter le fer en priorité. Et l'Europe, qui subventionne son agriculture doublement puisque celle-ci bénéficie, en plus de la PAC, d'une tarification privilégiée en matière d'eau, se doit de mettre un terme à cet égoïsme aux conséquences meurtrières. Encore... la gestion de l'existant. Commençons par mieux gérer les ressources dont nous disposons. Priorité dans ce domaine doit être donnée à la collecte et la gestion des eaux de pluie. Avec une difficulté. Qui est celle de la gestion des réformes dans le temps. Enfin, la décentralisation des programmes. Fournir de l'eau en Inde coûte en moyenne deux dollars par personne avec les techniques de collecte de l'eau de pluie et plus de 200 dollars si l'on choisit de faire des mégabarrages. »



L'eau, pétrole du 21ème siècle

Dans un article consacré à la question de l’eau, le site argentin d'informations en ligne Urgente24.com affirme que l’eau va devenir le « nouveau pétrole du 21ème siècle, tout comme semblent le penser plusieurs économistes, hommes d’affaires, scientifiques et stratèges politiques » qui estiment que ce « nouveau pétrole » pourrait être à l’origine d’une nouvelle guerre.
D’après Witold Henisz - professeur de gestion à l’Université de Wharton aux Etats-Unis -, « le prix de l’eau va augmenter fortement et les rivalités entre pays pour l’accès à l’eau vont s’accentuer. » Cet article affirme également qu’« 1,5 million de personnes pourraient être sauvées chaque année si elles avaient accès à une eau potable et saine. » De plus, le fait qu’en 2050 « nous serons 9 milliards d’habitants sur la Terre » amplifierait l’idée selon laquelle l’« eau est une substance chère qui sera à l’origine de nombreux conflits. » Les faits n'ont pas tardé à lui donner raison puisque le 14 octobre dernier, le président pakistanais, Asif Zardari, a prévenu que « toute action de son voisin indien qui viserait à bloquer l’approvisionnement en eau du fleuve Chenab vers le Pakistan détériorerait les relations bilatérales » entre les deux pays.
Consciente de ces enjeux, la Fondation Jacques Chirac organise à Paris le jeudi 13 novembre une conférence sur l’eau, en partenariat avec l’UNESCO et l’AFD : « L’Eau pour la Paix - la Paix pour l’Eau ». Par ses travaux, la conférence contribuera à la préparation du Cinquième Forum Mondial de l’Eau. Trois objectifs ont été définis. Il s’agira :
1. d’encourager l’application et l’adoption des instruments juridiques internationaux et régionaux favorisant la coopération
2. de participer, par des recommandations, au processus politique du Forum d’Istanbul
3. d’alerter le public sur les tensions, politiques ou armées, liées à l’eau, et sur l’accès à l’eau dans les Etats fragiles ou situation de conflit

L'Australie, à la pointe de la gestion de l'eau

Dans notre article du 26 septembre , nous évoquions la démarche de « marchandisation raisonnée » de l'eau dans laquelle s'engageaient la Nouvelle-Zélande et l'Australie. Ainsi, le site Aguanomics.com estime que les australiens ont pris « une avance considérable sur les Etats-Unis en matière de mise en place de politique essentielle de gestion de l’eau. » Il est fait notamment référence à une fixation du prix de l’eau sur la rareté de la ressource pour freiner la demande tout en intégrant une « allocation d’eau minimale » à faible coût pour les personnes à bas revenu.


mercredi 5 novembre 2008

Les Emirats mettent en place les moyens de gérer leur eau

Selon le quotidien The National, Ahmed Murad - directeur du département Géologie de l’Université d’Al Ain (Emirats Arabes Unis) - a conseillé aux autorités émiraties d’augmenter le prix d’eau afin de diminuer la consommation dans le pays. Selon M. Murad, l’indexation du prix de l’eau sur les quantités consommées telle qu’elle est appliquée par l’Autorité de l’eau et de l’électricité de Dubaï devrait être généralisée dans tous le pays. Le pays détient le record mondial de consommation journalière d’eau avec 550 litres par tête.
Parallèlement, les Emirats investissent dans la formation : le Khaleej Times rapporte qu’une Académie arabe de l’eau (AWA) vient d’ouvrir à Abu Dhabi, « preuve des efforts du pays pour lutter contre la pénurie d’eau régionale. » Cette université sera la première du genre dans le Golfe Arabique et elle aura pour vocation de former des professionnels de la gestion de l’eau.

mardi 4 novembre 2008

Des nouveautés sur le site Inside the bottle

Le site Inside the Bottle propose de nouveaux outils et sources d’information tels que des fiches documentaires sur l’eau en bouteille - impacts environnementaux, sanitaires, sociaux et économiques -, une liste des questions les plus fréquentes au sujet des politiques d’interdiction des bouteilles d’eau et des propositions d’action en direction des municipalités ou des campus.

samedi 1 novembre 2008

La gestion de l'eau sur le devant de la scène


A Jujurieux, le syndicat mixte de la basse vallée de l'Ain a fait preuve d'originalité pour attirer l'attention des habitants sur la question de la gestion de l'eau, en jouant la carte du théâtre : la compagnie Art.27 d'Avignon s'est ainsi produite sur ce thème de l'eau et l'environnement, dans un spectacle intitulé « Les Olympides » . Ce spectacle, entre video, théâtre, chansons et conférence loufoque expose avec humour les points de vue respectifs des différents acteurs du monde de la gestion de l'eau, dans un futur prospectif imaginant ce que pourrait devenir nos ressources en eau à l'horizon 2043. Parfois le ton était plus grave, par exemple avec cette apostrophe lancée au public : « Faute d'accès à l'eau potable, un enfant meurt dans le monde toutes les huit secondes. »

Du réchauffement climatique aux pesticides, autant de sujets abordés, introduction idéale au débat qui a suivi. Pour la compagnie Art.27, c'était la 45e représentation de ce spectacle créé en 2005, qui avait séduit l'Agence de l'Eau.


jeudi 30 octobre 2008

Débat dans The economist sur la valeur marchande de l'eau

Le 30 septembre dernier, l’hebdomadaire britannique The Economist a lancé le débat en ligne « la valeur de l’eau » sur la proposition « le prix de l’eau, en tant que ressource rare, doit être fixé selon sa valeur marchande. » Le débat s’étend jusqu’au 10 octobre 2008. L’hebdomadaire invite les internautes ainsi que des personnalités à prendre position. On consultera avec intérêt le programme des débats et les « discours » des intervenants.

Les deux camps qui s’opposent sur la question de la fixation du prix de l’eau en fonction de sa valeur marchande sont représentés par d’un côté, Vandana Shiva - activiste environnementaliste opposée à la fluctuation du prix de l’eau par le marché -et Steve J. Hoffmann - directeur de WaterTech Capital et en faveur de l’indexation du prix de l’eau sur le marché. Edward McBride - responsable du département environnement à The Economist et le « modérateur du débat. »

Vandana Shiva ne croit pas qu’il peut y avoir un « prix de marché sûr » dans la société actuelle qu’elle voit comme un monde volatile non-régulé et mené par l’avidité et le profit. Par conséquent, elle trouve « absurde et irresponsable » de confier l’accès, la gestion et la distribution d’une ressource vitale rare telle que l’eau aux marchés économiques.

Steve J. Hoffmann défend sa position en affirmant que « les déséquilibres spatio-temporels de la demande et de l’approvisionnement en eau potable impose le fait que la valeur de l’eau soit dictée par le marché dans le but de relever les défis mondiaux de l’eau. »


mercredi 29 octobre 2008

Innovation dans la purification de l'eau

Strauss développe, à travers sa filiale H2Q Water Industries, un nouveau système de purification de l’eau qui pourrait transformer l’eau de surface ou l’eau usée en eau potable.

Ce système présente la particularité d'être adapté à une échelle domestique.

Il n’existerait pas d’appareils similaires sur le marché actuellement.

Strauss ciblerait principalement le marché chinois et indien, pays où les problèmes liés à l’eau potable sont courants et très sérieux.


mardi 28 octobre 2008

Le recyclage des eaux s’étend en Australie

Nouveau projet de recyclage des eaux à destination des industriels en Australie

Veolia Eau, aux côtés d’AquaNet Sydney Pty Ltd, société du groupe Jemena Ltd, vient de signer avec la Sydney Water Corporation un contrat portant sur le premier projet privé de recyclage des eaux usées d’Australie destiné à alimenter un réseau de clients industriels.

Ce projet, vise à réduire la demande qui pèse sur la capacité en eau potable de Rosehill et Camellia, à l’ouest de Sydney alors que l’Australie connait sa plus longue et sa plus intense sécheresse.

L’usine de recyclage de l’eau de Rosehill et Camellia, produira annuellement 4,3 milliards de litres d’eau recyclée de haute qualité pour les besoins de grands opérateurs industriels. Conçu pour permettre une extension ultérieure de capacité, elle pourrait produire à terme 3 milliards de litres d’eau recyclée supplémentaires par an, pour les usages d’autres industries.

Ce nouveau projet illustre la démarche de l’Australie en faveur de la combinaison des ressources alternatives (recyclage, dessalement, recharge de nappes phréatiques…) pour parvenir à une gestion durable de ces ressources en eau malgré les conditions extrêmes de sécheresse qui sévissent depuis plusieurs années.



Eau en bouteille : 5ème année de baisse consécutive des ventes

2008 s'annonce aussi mauvais que 2007 pour les eaux plates en bouteille de Danone (Évian, Volvic, Taillefine), Nestlé (Vittel, Contrex, Aquarel) et du groupe Alma (Cristaline, Courmayeur).

« La baisse des ventes en volume devrait s'établir à 6,5 % à la fin de l'année, comme en 2007 », estime Michaël Aïdan, le vice-président marketing de Danone Eaux France.

Comme le remarque Le Figaro, début juin, ces groupes comptaient encore sur juillet et août (les mois les plus importants pour leurs ventes) pour se refaire. « L'été 2007 a été si déplorable que nous serons sans problème en progression sur l'année 2008 », assurait alors un dirigeant, qui espérait mettre fin à quatre années de baisse du marché.

La météo maussade a certes contribué à ce nouvel affaissement des ventes. Mais celui-ci s'explique également par la baisse du pouvoir d'achat, et par la prise de conscience de plus en plus vive de l'impact écologique du marché de l'eau en bouteille.

Les minéraliers se mobilisent pour tenter de redresser le marché. Leur chambre syndicale vient d'investir 3,5 millions d'euros pour une campagne de publicité destinée à expliquer les spécificités de l'eau minérale, dont la teneur en minéraux est stable et garantie par l'Académie de médecine, contrairement à l'eau du robinet. Mais faute d'une étude démontrant une réelle valeur ajoutée pour la santé des consommateurs, force est de constater que cet argument sonne un peu creux.


lundi 27 octobre 2008

Espoirs et difficultés de l'Angola



Allafrica.com rapporte que Abel João da Costa - directeur provincial de l'Energie et Eaux dans la province de Huila - a annoncé l’exécution du programme Eau pour tous. Ce programme vise à alimenter 80% de la population en eau potable d'ici 2012.

D’après un rapport de l’UNICEF paru au mois de septembre 2008, alors que le pays a connu une croissance économique de 24% en 2007, « seuls 31% des enfants angolais ont un accès adéquat à des installations sanitaires correctes » . Selon l’organisme humanitaire, cela provoque l’apparition fréquente d’épidémies de choléra.

« Les puits, les pompes à eau manuelles, les réservoirs d’eau et les sources ne sont pas hermétiques et sont la plupart du temps à l’origine d’épidémies. » Selon l’UNICEF, le problème de l’Angola n’est « pas un manque de ressources en eau mais un manque de moyens humains et institutionnels pour gérer l’approvisionnement en eau. » Mais n’estce pas le problème dans la majeure partie du monde ?

vendredi 24 octobre 2008

Les poissons du Saint-Laurent gavés d'œstrogènes et d'antidépresseurs


Où l'on comprend l'urgence d'un traitement de l'eau à la pointe...

Le site http://nouvelles.umontreal.ca/content/view/1715/221/, rapporte qu'un seul nanogramme (ng) d'hormones stéroïdes dans un litre d'eau est suffisant pour perturber le système endocrinien des poissons et diminuer leur fertilité, voire causer l'hermaphrodisme ou la féminisation des mâles. Les eaux que l'usine d'épuration de Montréal rejette dans le fleuve Saint-Laurent contiennent jusqu'à 90 ng/l de certains composés d'œstrogène. C'est dire dans quelle soupe hormonale nagent les poissons!

Une étude réalisée par Liza Viglino, chercheuse postdoctorale au Département de chimie et à la Chaire industrielle CRSNG en eau potable de l'École polytechnique, sous la direction de Sébastien Sauvé et de Michelle Provost, démontre la présence de résidus d'œstrogène dans l'eau du fleuve et ses effets sur les espèces aquatiques. Liza Viglino a pris en considération non seulement les hormones naturelles et celles entrant dans les contraceptifs oraux mais, pour la première fois, des produits utilisés dans l'hormonothérapie de remplacement, prescrite aux femmes ménopausées.

On doit se rassurer quant à l'eau potable; elle ne contient pas autant d'œstrogènes que les taux mesurés dans le fleuve puisque, selon Sébastien Sauvé, une bonne part des molécules concernées est dégradée par les procédés de purification comme la chloration.

Une autre étude du même genre portant cette fois sur six antidépresseurs et quatre dérivés métaboliques a été menée par André Lajeunesse, doctorant du professeur Sauvé, et Christian Gagnon, d'Environnement Canada.

L'étude a montré que les antidépresseurs, contrairement aux œstrogènes, ne sont presque pas retenus à l'usine d'épuration. Par exemple, un dérivé métabolique de la venlafaxine (inhibiteur de la recapture de la sérotonine), dont le taux était de 274 ng/l à l'entrée de l'usine, affichait encore un taux de 225 ng/l à la sortie.

«À cause de leur composition chimique, de 80 à 90 % des antidépresseurs demeurent dans l'eau après l'épuration», affirme Sébastien Sauvé.

Ces molécules miment l'effet de la sérotonine et peuvent, entre autres, influer sur la vasoconstriction chez les poissons, la reproduction chez les mollusques et le battement des cils chez les protozoaires. Selon les chercheurs, seul un traitement par ozonation pourrait vraisemblablement détruire ces molécules.

Les enjeux de l'eau et de l'assainissement abordés aux Nations-Unies

Le 30 septembre 2008, s’est déroulé à New-York, l’Assemblée générale des Nations Unies durant laquelle ont été abordés les enjeux liés à l’eau et à l’assainissement. Une réunion précédant l’évènement qui a eu lieu le 24 septembre dernier devait permettre aux intervenants d’évaluer comment les institutions financières internationales comme la Banque Africaine de Développement (BAD), les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les ONG, peuvent contribuer à atteindre les Objectifs de développement du millénaire (OMD) en améliorant l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
M. Bai Maas Tal - secrétaire exécutif du conseil des ministres africains de l'eau - a affirmé « l’'importance de l'eau et de l'assainissement dans la réalisation des Objectifs de développement du millénaire (OMD) » et a appelé au « soutien politique conséquent, au renforcement du financement, à la consolidation des partenariats, à l'accroissement de l'aide, au développement de stratégies nationales solides et à la promotion de bonnes pratiques de gestion de l'eau. »
L’Angleterre et la Hollande ont annoncé le déblocage de plusieurs millions d’euros pour un programme en faveur du développement du réseau d’eau et d’assainissement de plus de 20 pays pauvres.
Le secrétaire général des Nations Unies, Banki Moon a déclaré lors de la conférence « Un monde, un rêve : de l’eau et de l’assainissement pour tous » que depuis 1990, 1,6 milliard personnes ont désormais accès à de l’eau potable et plus de 1,2 milliards à un meilleur assainissement.
M. Rakotobé - directeur du département de l'eau et de l'assainissement de la BAD – a quant à lui demandé une mise en commun des ressources financières des pays et des partenaires au développement pour « accroître l’appui financier à l’Afrique. »

mercredi 22 octobre 2008

7.000 ha de champs irrigués avec des eaux usées au Maroc


A la périphérie de plusieurs villes du Maroc, des agriculteurs, malgré la loi, utilisent des motopompes mobiles pour irriguer leurs champs à partir du canal des eaux usées.

Ainsi, ce sont 7.000 ha de champs cultivés autour de centres urbains qui sont irrigués d’eaux usées non traitées. La loi est claire sur la question: en cas de flagrant délit, les agriculteurs fautifs sont passibles de poursuites judiciaires et leur motopompe confisquée.

Selon Omar Assobhei, professeur à l’université Chouaib Doukkali d’El Jadida et coordonnateur local du programme Medaware, «le risque sanitaire de cette pratique dépend du type de culture.

S’il s’agit de salades ou de légumes consommés crus, il y a danger pour la santé humaine. Dans le cas de l’arboriculture ou des cultures de céréales, de fourrages..., il n’y a pas de risque», explique-t-il.

Medaware, projet financé par l’Union européenne, a été justement mis en place au Maroc pour remédier à la situation. Initié en 2003, il est arrivé maintenant à terme.

Ce programme, qui s’est étalé sur cinq ans, consiste en le développement de systèmes urbains de retraitement des eaux usées et leur réutilisation à des fins agricoles.

A ce titre, il convient de signaler qu’au Maroc, à fin 2005, à peine la moitié des 72 stations de traitement d’eaux usées existantes est opérationnelle. Conséquence: sur les 600 millions de m3 d’eaux usées annuelles, moins de 8% sont traitées, soit environ 45 millions de m3.

Cette pratique d’irrigation des terres agricoles avec des eaux usées non traitées a été soulignée par un rapport de l’IWMI (Institut International de Gestion de l’Eau) lors de la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm en aout 2008, comme nous l'expliquons dans notre article du 2 septembre.


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